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 forever in debt to your priceless advice. (dune)

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admin ⊱ evil inside me
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Ephram Mehmeti
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⊱ Âge : 24 piges, bientôt 25 (bordelou).
⊱ Métier : il glande depuis l'obtention de son diplôme d'ingénieur en aéronautique
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⊱ Côté coeur : amoureux de tout le monde et de personne
⊱ Pseudo / Prénom : solène / stockholm syndrome


MessageSujet: forever in debt to your priceless advice. (dune)   Lun 2 Mai - 19:01

La nuit était noire. Parfaitement silencieuse et pourtant affreusement déchaînée. Ce néant qui me brûlait les yeux et assourdissait mes oreilles. Je détestais ça. Je haïssais ça. J'aurais voulu m'arracher de cette vie, m'arracher de Berlin la belle pour ne plus entendre les murmures. Et pourtant, ils m'auraient suivi partout, d'un bout à l'autre de l'univers. Le silence de la nuit faisait place aux hurlements de ma conscience. Celle-là même que je pensais morte parce que je m'étais vanté de l'avoir enterrée dans un petit coin de mon être. Le vacarme intarissable des journées et des êtres croisés distrayait ma pensée, me faisait resplendir, briller. La journée était chaleureuse, la nuit minable. Morne. Remplie d'un silence cruel qui me laissait vide, indéniablement seul. Allongé sur le toit de cet immeuble, je voulais m'évader. J'aurais pu sauter. Je pensais aux mètres de chute libre qui m'attendaient sagement. Est-ce que j'aurais pu aller aussi loin ? Aller jusqu'à me donner la mort ? Non, probablement pas. Je n'en savais rien. Il devait être dans les environs de quatre heures du matin. Berlin dormait. Je pensais à toutes ces vies qui s'étendaient devant mes yeux, tous ces êtres paisiblement endormis dans leurs lits moelleux. Et moi qui errait encore et toujours à travers cette vie que je ne comprenais malheureusement pas. J'errais à travers elle comme j'errais dans cette nuit sans lune, cette nuit sanguinolente. Je m'ennuyais. J'étais seul. Sans faire de bruit, je descendis par l'escalier de service et me retrouvai dans la rue désertée. Je tournai en rond. Je repensais à lui, à son visage. Je repensais à toutes mes erreurs, bon dieu qu'elles étaient nombreuses. Je repensais à mes actes, qui parfois sonnaient justes, parfois faux. J'étais seul, seul avec moi-même. Et ma conscience me demandait des comptes. Je m'enfonçai plus rapidement dans la nuit. J'avançai, je courais presque. Et puis brusquement je m'arrêtai devant une vitre. Je me regardai. Toujours le même. Les mêmes fringues dégueulasses, les mêmes cheveux qu'il fallait couper. Le même. Je me remis en marche. Je ne pouvais pas fuir, non, mais peut-être pouvais-je oublier, l'espace de quelques heures, le temps que le jour se lève et que les problèmes s'estompent. Tout irait mieux, oui, tout irait mieux.

Rapidement, j'arrivai devant son appartement. Je connaissais le trajet par cœur, maintenant, depuis le temps. Je m'arrêtai un instant devant sa porte, je repris mon souffle. Dune, il me faisait tout oublier, toujours. Parfois il avait les mots quand j'en avais besoin. Parfois il savait encaisser ma violence. Parfois il m'emmenait haut, très haut, il me faisait voler. Dune n'était rien pour moi, c'était pas un ami et pas vraiment un amant non plus. Je ne savais rien de sa vie tout comme il ne savait rien de la mienne. Je cognai la porte de mon poing, et bientôt, il vint ouvrir. Je ne prêtai pas attention à la tenue qu'il portait. J'ignorais si je le réveillais ou non. J'en avais rien à foutre. Je saisis le paquet de clopes qu'il tenait à la main et en allumai une. Je m'allongeai dans le canapé, il vint me rejoindre. Au début, nous ne dîmes rien. « Comment tu vas, Dune ? » demandai-je d'un ton calme. Je me redressai et lui fit face. Je savais qu'il était aveugle, et que je le regarde ou non lui était égal. Mais moi aussi, son handicap m'était égal. J'aimais le regarder. C'était un bel homme, un doux visage, de jolis traits. « Moi ça va pas du tout. Pourquoi est-ce qu'on est tous des beaux couillons ? J'suis sûr que même toi, Dune, tu me la mettrais à l'envers si ça avait un sens de le faire » continuai-je sur un ton plus enjoué. Pas forcément mauvais, mais passionné. « T'as pas une idée là-dessus ? J'me sens d'humeur à philosopher, cette nuit ». Philosopher pour oublier, mon cul ouais.


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    je me souviens que nous marchions apercevant le bonheur à l'horizon, j'en déduis donc qu'à un moment nous nous sommes trompés de direction, tu vois, de l'amour à la haine il n'y a qu'un pas. ©️ bizzle.
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Dune Mohr
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MessageSujet: Re: forever in debt to your priceless advice. (dune)   Lun 2 Mai - 23:35

    Entrechoc des atomes sur le bitume. Dune à l’épaule comme des torrents de lave, et il sait que va éclore ce qu’ils appellent un hématome, ces bourdons de douleur ankylosée. Les roues qui martèlent un peu le gravier, comme pour le narguer. Quand il se relève, c’est pour un peu hurler, de frustration, de douleur, de fatigue, ça lui brule la gorge et les doigts. Il cherche l’instrument de son malheur, son arme vers la liberté, la vieille planche qui refuse toujours de se laisser dompter. Quelque part il sait bien qu’il ne cessera jamais de tomber, mais ça a le goût de l’aventure, ces envols improvisés. Sauf ce soir, ce soir il voudrait bien que l’asphalte cesser de le marteler, parce qu’il sait qu’il a des ecchymoses qui lui constellent l’épiderme comme des étendards de sa maladresse, et il voudrait bien Dune savoir où est cette fichue planche qui s’est encore tirée. L’alarme de sa montre sonne minuit passé, avec ce son qui ébranle les murs et parfois fait murmurer les vieilles dans les métros. La rage qui crépite dans les phalanges et soudain elle est là, cette vieille amie sournoise, celle qui glisse et vole et oublie parfois de le prendre avec elle. Reste là Dune, même ton skate il veut pas de toi. Lui reste juste la canne sagement posée sur le côté, parce que elle par contre, elle s’enfuit jamais, trop attachée à l’importance qu’elle occupe, salope arrogante, il la déteste cette canne, pourtant c’est elle encore qui le raccompagne. Au fond de sa poche, il sort son téléphone et se laisse guider par la voix monotone du gps, la planche sous le bras, punie, en laisse, comme lui. La canne qui heurte les trottoirs, les coins d’immeubles, et pourquoi pas même les passants qui ne regardent même pas, qui le bouscule, et quand il s’écroule dans son canapé, il a les poumons qui exhalent sa nicotine bleutée. Il laisse les enceintes crier du AC/DC et se noie dans ses sensations à lui, celle de la musique qui pousse le monde extérieur sur le palier, celle de ses doigts sur les meubles qu’il a encore un peu chamboulés, celle dans sa bouche qui explose de saveur après son cinquième café. Grande entrée en matière à la boutique demain, le gamin avec sa canne et sa migraine d’avoir oublié de dormir, avec ses bleus et ses écorchures, manquerait plus qu’il se mette à boire jusqu’à l’oblivion. Ça fait des heures qu’il est là à cracher des paroles sans queues ni têtes, il reconnaît même plus les chansons et son cancer à le cancer, quand ça tambourine à la porte et il doit pas avoir les idées claires pour aller ouvrir dans son état, mais voilà, il est là, celui dont les pores de l’épiderme hurlent d’électricité. Il sent Ephram qui s’engouffre dans son refuge, c’est l’odeur de rue et de pluie qu’il apporte, et peut-être aussi cette tornade qui semble s’installer là dans son salon, et il a envie de lui jeter des trucs à la tête, il était bien à se complaindre, et maintenant il va devoir partager. Alors il retourne dans son canapé usé, avec la ferme intention de l’ignorer, celui qui respire la ville sauvage, mais c’est impossible de faire comme s’il n’était pas là, et putain de merde ça le fait marrer. Il a envie de se gifler, mais sa colère est retombée, il écoute juste Ephram qui s’agite et virevolte et envahit l’espace, et Dune oscille entre les émotions, incapable de choisir. Il l’écoute quand même, et ça lui tire le coin des lèvres de sourire et ça lui démange les doigts de serrer un peu sa gorge pour le faire taire. Même les comètes de ses hématomes se mettent à rire. Parce que tu voudrais être quoi, Ton Altesse, sinon un couillon ? Il a envie d’un autre café, mais il se sent pas de se lever, de chercher dans les placards avec un public, alors il reste assis et tâtonne pour trouver son paquet de clopes laissé sur le canapé. Tu sens la rue. La vraie rue. Tabac empoisonné dans les poumons, c’est comme voler un peu, ces quelques secondes avant l’impact quand le skate l’envoie bouler. Fais moi un café, et dis moi au passage pourquoi on s’esquinte à avoir l’air plus, toujours plus, plus riches, plus beaux, plus cool, dis moi toi, y a quoi d’autres à part être un couillon si tu veux exister ? Il est presque sûr que les cendres chutent sur son pauvre jean troué, et il doit encore baisser AC/DC parce que deux sons aussi omniprésents ça le rend dingue, et quelque part il préfère encore les élucubrations animés de cette voix qui crève tellement de vie que ça lui donne le tournis.

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