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 Scratch, scratch, she's clawing at the door ft. Arielle

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Dune Mohr
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MessageSujet: Scratch, scratch, she's clawing at the door ft. Arielle   Lun 2 Mai - 18:10


       
ft. Arielle & Dune

       
Scratch, scratch, she's clawing at the door

       
       

       

Dans le silence de l'appartement résonne le choc régulier du plastic contre les obstacles. Du bout des doigts il reconnaît le vieux canapé aux ressorts usés sur lequel il se laisse tomber dans un soupir. Les sens semblent lui filer entre les doigts, matière rugueuse qui lui mord la chair nue. Chaleur d'été qui s'infiltre par la fenêtre et lui lèche tendrement les bras. La montre à son poignet sonne doucement dix heures de son alarme criarde qu'il déteste si facilement en public. Soupir de soulagement. Sur les épaules les hématomes du jour se lovent contre ceux des jours passés, et il murmure une prière de remerciement pour ses os intacts. La musique dense déversée dans ses tympans dans l'habitacle étouffant de la petite boutique laisse place au vide cruel d'un appartement où rien ne vit jamais. Les doigts qui glissent et se faufilent vers la table en quête de la télécommande pour ce simple bouton qui redonne vie à la coquille déserte qui l'héberge. Pression douce et naturelle pour une explosion de sons, et renaissent les couleurs dans un coin de sa mémoire, celles décrites par les errants de ses nuits agitées. Parle moi des orages et des nuits noires, raconte moi la pluie qui brouille le monde et les étoiles qui s'embrasent sur la voute céleste. Ombre recroquevillée dans l'obscurité permanente qui se drape avec délices des notes crues de Black Leather.
Well, it's late at night, and I'm all alone
And I can hear her boots as she's near her home

Sur le tissu rêche de son jean les doigts qui marquent le rythme familier,  la bouche hantée des mots qu'il aime murmurer dans les veines palpitantes de sa ville ivre de jeunesse. Et entre ses lèvres les paroles qui se hurlent aux murs offensés, a l'univers un peu fatigué. Étrange carcasse qui lentement se redresse, le poids du corps irréel entre les cloisons qui saignent de son. Il titube un peu le vieillard cabossé, celui qui range sagement son skate dans l'entrée et boit de la tisane infecte parce qu'il ne se souvient jamais de sa préférée. Ses pieds qui se prennent dans la canne, saloperie, il avait encore oubliée de la ranger. Alors ça le fait marrer quand il retombe, un peu lourd, les mains qui le rattrape, agile le chat dans l'obscurité. Son ventre qui hurle, bordel qu'il a faim après ces explosions d'odeurs, ces saveurs sur le bout de la langue le long de la route, ces mondes qui s'offrent sans jamais se donner. Il a la dalle Dune, et quand il tâtonne dans les placards, le dernier paquet de pâtes semble lui rire au nez. Les doigts qui courent sur le plan de travail, l'habitude qui lui ronge les phalanges. Spectacle étrange, créature maladroite. Il fait attention Dune, attention à l'eau qui bout et à la chaleur qui lui réchauffe le visage. Alors quand sa main effleure la casserole et qu'il la trouve froide, il ne comprend pas. Instinct stupide, stupide, il se jetterait lui même contre les murs parfois. Sa main nue sur la plaque de cuisson et ce hurlement qui lui arrache les poumons, de douleur et de colère, la paume à vif. Il sent les larmes qui lui roulent sur les joues, celles qui chutent en se moquant.
Il ne se souvient pas d'être sorti, juste de ses coups répétés à la porte d'à côté, celle qui cache la voix délicieuse qu'il entend sous la douche, celle qui cache l'amie à la voix qui chante. Il est là sur le palier avec sa main brulée, il a un mal de chien, et il aimerait bien un peu de compagnie aussi, parce que ça résonne trop entre ses murs à lui. Alors quand il entend la porte s'ouvrir, il en pleure presque de soulagement, avec sa carcasse qu'il ne sait jamais trop comment arranger et la douleur qui pulse dans ses terminaisons nerveuses. T'aurais pas de la biafine ? Les mots qui se bousculent, s'étranglent entre ses lèvres, il aurait bien voulu la faire rire mais merde, ça lui fait tellement mal et il a tellement honte, Dune qui grimace un pauvre sourire. Et cinq minutes ? Je crois que mon repas décore les murs..        
- Adrenalean 2016 pour Bazzart.
       

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